Ève Cadieux - Les Antres [Granby]
RÉSIDENCE
5 > 13 + 18 > 23 novembre 2007, 21 > 31 mai 2008
INSTALLATION PHOTOGRAPHIQUE
31 mai > 1er juillet 2008
152, rue Principale (mur ouest ) Granby
RENCONTRE FESTIVE
Samedi 31 mai à 14 h
Dans l’atelier de la résidence d’artiste du 3e impérial
164, rue Cowie, suite 327, Granby
Ève Cadieux collectionne les objets depuis plusieurs années. Anodins ou insolites, témoins de sa propre existence, tels des fétiches, elle les transfigure, par divers procédés photographiques qui brouillent parfois la réalité et participent d’une métaphore qui nous entraîne aux limites des notions de finitude et d’intemporel. Sa fascination pour les objets se conjugue à un riche travail d’écriture pour constituer, sur le mode du «désordre onirique»1, des récits visuels qui oscillent entre la réalité et la fiction, entre «gravité troublante et ludisme délicat»2. Cette approche introspective a donné lieu à des œuvres empreintes d’une certaine ambiguïté, qui posent un regard poétique sur le temps et sur la mémoire, Ainsi en est-il de l’œuvre récente «Cabinet d’un imposteur sincère», une série photographique qui recompose, en une fiction énigmatique et anachronique, d’hétéroclites fragments de mémoire.
Avec Les Antres [Granby]3, Ève Cadieux lève cette fois le voile sur les passions de collectionneurs anonymes et singuliers. Ceux-ci deviennent, par ce truchement, objets de sa propre collection. Sollicités par le biais d’une petite annonce diffusée localement, six collectionneurs de la région de Granby ont eu la générosité et l’audace de répondre à l’invitation de l’artiste, lancée à l’automne 2007. Dans un esprit d’échanges et d’ouverture à l’Autre, la démarche consistait à réaliser une série d’entretiens et de séances photographiques. Entourés de leur pléthore d’objets, chacun d’eux a accepté de se prêter au jeu et de révéler l’antre de sa collection personnelle. Des portraits francs, sans manipulation autre que les jeux de lumière et de flou à la prise de vue, et bien sûr, la magie opérée à la fois par l’objectif de la caméra et par la qualité de la rencontre.
En contrepoint à cet espace intime où se joue l’acte de cumuler, de conserver, Ève Cadieux a choisi de présenter quelques-uns des portraits sur un mur érodé, apparu dans le paysage urbain de la ville de Granby suite à un récent incendie. Ce lieu chargé d’histoire, successivement habité au cours du siècle dernier par diverses entreprises de biens de consommation — une boulangerie, un magasin à rayons, une pharmacie, etc.— offre les qualités esthétiques d’un espace transitoire marqué par la patine du temps. Un cadre idoine pour montrer au grand jour ces «gens-pas-tout-à -fait-ordinaires qui se sont donné le défi titanesque de retenir le temps»4.
Ève Cadieux vit à Québec. Elle partage son temps entre sa pratique artistique et son implication à VU, centre de diffusion et de production de la photographie, où elle est coordonnatrice depuis 2002. Elle détient une maîtrise en histoire de l’art et création visuelle de l’Université de Montréal. Ses oeuvres font partie de collections publiques et privées. Depuis 1995, elle a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives, au Canada et en Europe. Parmi ses présentations récentes citons: la galerie José Martinez (Lyon, 2008), La station, (Nice, 2006), la Galerie Yergeau du Quartier latin (Montréal, 2005), The Yugoslav Biennial of Young Artists (Vrsac, Serbie, 2004), la biennale internationale de photographie de Santa Cruz (Tenerife, Iles Canaries, 2003). Lors de l’exposition itinérante La Disparition (2002-2004), elle exposait au Centre d’art contemporain Zamek Udazdowski à Varsovie et au Musée d’art moderne et d’art contemporain de Liège. Ève Cadieux a publié plusieurs livres d’artistes, dont «Caramellia», en 2003, aux Éditions J’ai VU de Québec.
http://www.evecadieux.com/
1- Extrait de «Caramellia», éditions J’ai Vu, Québec, 2003.
2- Ibid.
3- «Les Antres [Granby]» constitue la deuxième étape d’une série photographique
initiée en 2006 dans le contexte d’une résidence au centre Caravansérail à Rimouski.
4- Extrait de réflexions de Ève Cadieux pour le projet «Les Antres»
Remerciements : Éric Boisvert, Louise Boudreau, Richard Desmarais, Gilles Lamoureux, Martin Malette, Claude Pinsonneault, Guylaine Choinière, Gestion immobilière FC, Animalerie Granby, Ève Cadieux remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son appui au projet Les Antres.
Photos : Ève Cadieux
Hors pistes et à contre-courant des usages, énoncer les virtuosités potentielles d'un art de proximité sans domicile fixe, se disperser tout terrain pour élargir le diamètre de sa cible. Habiter dans et avec, et surtout, hors des lieux communs. Voici le territoire devenu champ d'intérêt spéculatif.
Champs d'intérêt > infiltrer habiter spéculer est un programme triennal de résidences d'artistes et d'art public [2005-2008]
![Ève Cadieux - Les Antres [Granby]](/images/bannieres/banniere3eimp_ecadieux.jpg)
