Douglas Scholes

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Esthétique pragmatique à l’oeuvre en quatre temps
Working the pragmatic aesthetic in four parts

Résidence/prospection
15 > 21 mars 2010

Résidences de coproduction + actions infiltrantes
12 > 18 août 2010

20 > 26 octobre 2010

13 > 19 février 2011
22 > 28 mai 2011

Douglas Scholes a développé une pratique de l’art de la maintenance qui tente d’infléchir et de révéler autrement les forces de détérioration et d’usure à l’œuvre dans l’environnement, en concevant des projets d’art qui génèrent un investissement d’énergie réparatrice.

En ce sens, ses projets explorent une esthétique pragmatique(1) et soutiennent une réflexion sur les concepts d’instabilité, de transformation, d’actions routinières et d’entretien quotidien.

Dans le cadre de sa résidence, Douglas Scholes réalise une série d’actions qui se déroulent en quatre temps, un temps pour chaque saison, entre août 2010 et mai 2011. Deux types d’actions sont mises en œuvre dans la ville. Actions transitoires, au cours de séances de marches, et actions fixes, sur des friches urbaines localisées. De plus, pendant ses séjours de l’automne, de l’hiver et du printemps, il installe un poste de présentation du projet dans la cafétéria du garage municipal afin de créer des liens avec les ouvriers de maintenance, avec qui il compte s’entretenir, le matin avant d’aller lui-même vaquer à ses tâches, et à la fin de la journée de travail.

Actions transitoires

12 > 18 août 2010

22 > 28 mai 2011

Marches d’une distance de 13,6 km, le long de la route 112 (rue Principale & rue Denison Est) dans les limites précises de la ville de Granby.

L’objectif est de recueillir des ordures et des débris pour les remplacer par des répliques (par exemple : bouteilles de plastique, sacs de chips, tasses à café, etc.), coulées en cire d’abeilles, une matière naturelle et sans danger pour l’environnement.

Actions fixes

20 > 26 octobre 2010
13 > 19 février 2011

Actions d’entretiens spécifiques sur un site localisé: balayer la poussière, enlever les débris accumulés, les mauvaises herbes, les ordures, ramasser les feuilles mortes, pelleter la neige, etc…

Par le biais de ces actions, par l’utilisation de balais et de pelles, l’esthétique pragmatique est mise à l’oeuvre. La beauté intrinsèque d’un lieu, d’une surface est révélée,
Sur la surface devenue propre, un «monument» provisoire est installé, commémorant les résultats éphémères du balayage et du pelletage; un monument fait à partir des répliques d’ordures trouvées sur le site, et coulées en cire d’abeille...

Une documentation permet de suivre l’évolution de ces gestes symboliques sur la présente page web, ainsi que sur les sites de l’artiste:

http://esthetiquep.wordpress.com/
http://www.dougscholes.ca/

Notice biographique

Douglas Scholes a obtenu une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). en 2001 et un baccalauréat en sculpture de l’Université Lethbbridge en Alberta, en 1999. Depuis 1994, son travail a été présenté au Québec, en Ontario et en Alberta. Parmi les plus récentes, mentionnons ses expositions individuelles à la Southern Alberta Art Gallery (Lethbridge, Alberta), en 2009 et au MacLaren Art Center Barrie, Ontario), en 2008 ainsi que des expositions de groupe au Art City Festival (Calgary, Alberta), en 2008 et à la galerie Leonard & Ellen Bina (Montréal) en 2009, avec le collectif d’artistes Centre de recherches urbaines de Montréal (CRUM) dont il est membre depuis 2000. Il a été impliqué dans les activités du centre d’artistes Dare-Dare (Montréal) de 2005 à 2010.

Ce projet de Douglas Scholes est coproduit avec le 3e impérial :
Danyèle Alain, direction générale et artistique; Yves Gendreau, direction technique et administrative; Patrick Beaulieu, soutien aux artistes, assistance aux communications, à la technique, à la médiation; Stéphanie Lagueux, infographie et site web. Membres du conseil d’administration : Caroline Boileau, Murielle Dupuis-Larose, Julie Bélisle, Aline Poulin, Gilles Prince.

Remerciements : Ville de Granby et plus particulièrement, l’équipe des employés du garage municipal.

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(1) «L’esthétique pragmatique se réfère à l’apparence intrinsèque et évolutive des choses, des objets et des structures que l’on retrouve dans notre environnement; à ces apparences dont la dynamique inhérente est due au passage du temps. L’esthétique pragmatique trouve son évidence à travers les états temporels de plusieurs éléments de notre société contemporaine. Par exemple, l’apparence d’un édifice nouvellement construit se transforme par la simple accumulation de saleté sur sa surface. Une clôture fraîchement peinturée se ternira sous l’exposition des intempéries. Des herbes pousseront à travers l’asphalte et la poussière s’accumulera sur un abat-jour. La vaisselle souillée nécessitera des lavages, des terrains vacants seront envahis par les plantes semées à tous vents. Tous les rebuts et détritus qui jonchent notre quotidien dénotent un abandon d’attention. Je suis fasciné par le fait que l’apparence d’un objet puisse se façonner tout autant par l’effet d’un abandon d’attention que par des actions d’entretien qui sont mises en oeuvre pour inverser les signes de négligence ; par la dichotomie qui existe entre les gestes de maintenance et de détérioration et par la réaction inévitable, habituelle et prévisible, de l’un sur l’autre.» Douglas Scholes.