Pour diffusion immmédiate                                    Granby, le 15 août 2001

Communiqué

COUP D'ENVOI   D'UNE  NOUVELLE  ALLIANCE

Huit artistes en art actuel, regroupés autour du 3e impérial, un centre d'essai en arts visuels, ont décidé de former ALICA , l'Alliance pour la circulation de l'art, dont l'objectif est d'habiter  tout l'écoumène par l'art, déclarant  ainsi Québec État d'art, en proposant à la population du Québec Huit manœuvres en quête d'un territoire qui auront lieu du 9 septembre au 4 novembre 2001. Le 3e impérial, basé depuis sa fondation en 1984 à Granby, fait de la question du territoire et de ses liens avec l'art, un sujet de réflexion dominant depuis quelques années.

Huit manœuvres en quête d'un territoire est une entreprise de mobilisation et d'action  artistique en huit mouvements sur le thème de la territorialité et sur les facteurs identitaires de communautés habitant ces territoires suite à une réflexion sur la question de l'autonomie de la pratique multidisciplinaire artistique et de son intégration aux différents zonages du territoire. Ces manœuvres ALICA utilisent le territoire géographique et virtuel comme support tout en mettant  en relief un rapport avec la communauté. Chaque manœuvre sera donc réalisée dans une région différente et spécifique du Québec.

Les membres d'ALICA créent  et diffusent des œuvres, comme une série de prototypes de nouveaux modèles, objets de la rencontre habitants/artistes sur un territoire questionné et élargi (rural, urbain, rurbain et télématique) basé au Québec mais ouvert sur le monde. Chaque artiste a créé un objet artistique issu de sa réflexion sur le territoire de son choix en lien avec une communauté dans le but de faire progresser la cause d'ALICA,  soit le Québec comme État d'art.

Les huit membres d'ALICA et auteurs des huit manœuvres sont DanyèleAlain,Christian Barré, Patrick Beaulieu, Philippe Côté, Doyon/Demers, Yves Gendreau, Marie-Christiane Mathieu  et Ronald & Richard qui sera secondé par Clément Côté.

Yves Gendreau donne la parole au territoire. Ronald & Richard/Clément Côté aménagent un espace de réflexion sur le territoire. Danyèle Alain cherche la complicité du territoire. Philippe Côté milite sur le territoire. Patrick Beaulieu marche le territoire qu'il ponctue de traits de lumières. Christian Barré pointe du doigt les symboles visuels du territoire. Doyon/Demers sculpte la société qui habite le territoire. Marie-Christiane Mathieu explore de nouveaux territoires à la fois immatériels et visibles.

Des cyber-reportages (www.3e-imperial.org) permettront  la diffusion de ces manœuvres, «ces mouvements de ruses et de procédures qui touchent  le vivant et ses machineries». (Alain Martin Richard, «Énoncés généraux-Matériau:manoeuvre» ,1990)
ALICA est une production du 3e impérial, centre d'essai en arts visuels.

Personne-ressource : Danyèle Alain
                               Ronald Guèvremont  450-372-7261

Yves Gendreau donne la parole au territoire.
Dans la région nord du lac Témiscouata, Yves Gendreau créera sur le site de l'ancien gîte d'un poste de radio communautaire situé en zone forestière un parc commémoratif où sera érigée une sculpture antenne de 18 mètres qui émettra la mémoire de la communauté par transmission poétique. Le JAL est l'acronyme formé des trois villages de Saint-Juste-du-Lac, Auclair et Lejeune, situés dans le Bas Saint-Laurent qui se regroupèrent dans les années 1970 en réaction à l'annonce du gouvernement  provincial de l'époque de fermer ces trois villages. La radio communautaire du JAL, aujourd'hui disparue, était née de cette crise pour servir d'outil de communication et comme catalyseur à la mobilisation.

Dimanche le 9 septembre 2001 à 15 heures
Chantier JAL # 367, le Parc de l'antenne
Lot # 46, rang Saint-Grégoire sud (ancien site de la radio communautaire du JAL)

Municipalité d'Auclair, MRC de Témiscouata

Yves Gendreau est-il architecte, travailleur de la construction, escaladeur ou sculpteur? C'est surtout un bâtisseur d'idées instables, un interprète de la construction cacophonique. Il a œuvré particulièrement à travers des événements spéciaux et symposiums. Parmi ceux-ci, signalons sa participation à l'événement «D'un millénaire à l'autre » à la Maison de la culture Côte-des- Neiges à Montréal, au 9e symposium des Artistes Installateurs de Beauce, au 2e symposium en arts visuels de l'Abitibi-Témiscamingue ainsi qu'aux deux événements « L'art et l'eau » à Granby produits par le 3e impérial, centre d'artistes où il s'implique depuis dix ans. Notons quelques une de ses expositions solos aux centres d'artistes Dare Dare à Montréal, Axe-Néo 7 à Hull, Regart à Lévis et aussi à la galerie de l'Université de Moncton au Nouveau-Brunswick. Autodidacte, il ajoute à son parcours une année en design de l'environnement à l'Université du Québec à Montréal et une formation en ébénisterie.

Ronald & Richard / Clément Côté aménagent un espace de réflexion sur le territoire.
Par l'érection d'un monumensonge en bois bardé et feuilleté, élevé à la prétention de cinq mètres de hauteur, ce phare-guide à saveur éditoriale pose la question «Peut-on habiter ce pays et ce pays est-il habitable? » Hommage à Tatlin, cet objet artistique, qui privilégie le public des artistes, patenteux et ingénieux singuliers, est un résidu de travail de Ronald & Richard et Clément Côté.

Dimanche le 16 septembre 2001 à 14 heures
Chaire observatoire de l'entrepreneurship
Château Riche-Art

585 Avenue du Palais

Ville de Saint-Joseph-de-Beauce

Un des fondateurs de l'Université Libre d'Art Quotidien (ULAQ) à Montréal, un des leaders de la République des Beaux-arts de Montréal en 1968, ce diplômé de l'École des Beaux-Arts de Montréal a été l'initiateur et l'animateur de la série de symposiums des Artistes Installateurs de Beauce de 1990 à 1999. La démarche actuelle de Ronald & Richard s'articule autour de la trilogie Éden/Babel/Noé. Chargé de cours pendant huit ans à l'Université du Québec à Montréal au département d'histoire de l'art et d'arts plastiques, il détient une maîtrise à l'Université du Québec à Chicoutimi et entreprend des études doctorales sur l'art actuel dans ses rapports avec le développement local. Ronald & Richard travaille également à la MRC Robert Cliche à titre d'inspecteur municipal et de technicien en évaluation.

Danyèle Alain cherche la complicité du territoire.
Elle réalisera un monument végétal érigé en une succession de couches de déchets organiques sains dans un champ de céréales. Cet objet implique la participation d'une collectivité positivement animée d'un esprit de développement durable, d'une vision de conservation, de créativité et de fertilité. Agronomes, agriculteurs, habitants et art sont alliés pour construire une sculpture de chemin emblématique: un «bouillon de culture » à saveur poétique et manifeste.

Samedi le 22 septembre 2001 à 14 heures
Sculpture de chemin
La Pocatière

Autoroute 20, sortie 439

À la croisée de la route du quai et de la route 132

Danyèle Alain poursuit son travail de revitalisation des rapports bienfaisants avec la Terre et s'intéresse aux enjeux concernant l'expansion de la technoculture dans son rapport à l'intégrité de la vie. En 2000, elle réalisait un projet avec le lait, sorte de généalogie poétique sous le nom de Filia qui circula notamment avec « Les Gondoles d'artistes » (Hull, Axe Néo 7) et  « Passart » (Centre d'exposition de Rouyn Noranda).  Elle a diffusé son travail au Québec, au Canada, en France, au Mexique, en Uruguay et a reçu des bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada. Ses oeuvres ont été publiées dans des catalogues d'événements tels « Barachoa », Symposium d'art in situ, éd. Vaste et vague, 2001;  « Les gondoles d'artistes », éd. Axe Néo 7, 2000;  « Tête des eaux », éd. Boréal Art/Nature, 1999; « Paysages Inter sites », éd. Langage Plus, 1997.

Philippe Côté milite sur le territoire.
Avec Philippe Côté, un dévoilement de maquette devient action artistique et permettra de souligner le dilemme entre les infrastructures routières et culturelles ainsi que de l'urgence de questionner la ruine des 300 viaducs, ponts et tunnels de Montréal, en ces temps de construction de la Grande Bibliothèque du Québec, aérogare du savoir, et ce dans le contexte du réaménagement du viaduc Berri dans le Centre-Sud de Montréal.

Dimanche le 30 septembre 2001 à 17 heures
Étant donné la ruine du viaduc et l'établissement de la bibliothèque,
que faut-il prévoir de plus…qu'où donc ?
Vernissage : coin Berri et Sherbrooke à Montréal

Expo : du 28 au 30 septembre dans les vitrines du 813 rue Ontario est

Philippe Côté est ami des ruines. " Je cherche les ruines. Chaque époque en possède. Lesquelles nous seront actuelles: le patrimoine, les autoroutes, nos lieux natals, certaines vitesses, des mœurs? " Issu de mouvements artistiques urbains des années 1980 tels le mouvement Néoiste et .( La Société de Conservation du Présent ), cet artiste du Centre-Sud  de Montréal  lutte pour la survie des traces urbaines et transpose en art actuel les événements majeurs aux répercussions sociologiques («Tomba » le verglas, plaque monument , Roxton Pond,1998)

Christian Barré pointe du doigt les symboles visuels du territoire.
Réfléchir par hasard pour un espace public agile est une manœuvre artistique subversive qui a pour objet de créer un débat sur ce qui est privé et dit " public " en collant des mini  cd-roms sur des voitures de luxe. Ces mini  cd-roms sont présentés dans des pochettes aimantées sur lesquelles sont imprimés différentes images et slogans empruntés à la réalité et contiennent deux minutes d'animation vidéo en plus de comporter un lien direct avec le site Internet de l'artiste.

Samedi le 6 octobre 2001 à 17 heures
Réfléchir par hasard - Pour un espace public agile
Le p'tit bar

3451 rue Saint-Denis à Montréal

Christian Barré a complété une maîtrise en Arts Visuels à l'UQAM. Récipiendaire du prix Duchamps-Villon, du prix McAbie et d'un prix de l'organisme Folie Culture, il compte déjà plusieurs expositions solos « En Soi » (2000) au centre d'essai le 3e impérial, « Médiation » (1999) à la Galerie Plein Sud,  « Mute »(1998) au Montréal Télégraphe.  Cet automne, dans le cadre du Mois de la photo, il présentera l'œuvre «  Enjoy »  au métro Berri-UQAM. On lui a attribué plusieurs subventions provenant du Conseil des arts et des Lettres du Québec et du Conseil des Arts du Canada. Il s'est aussi mérité deux bourses d'excellence de l'Université du Québec à Montréal et du Fonds Canadien d'Aide à la Recherche.

Patrick Beaulieu marche le territoire qu'il ponctue de traits de lumières.
Inspiré des grandes battues automnales, cette lente traversée des champs du village de l'Avenir sera pour les participants, munis de lampes de poche, une expérience du paysage crépusculaire au cours de laquelle ceux-ci créeront des fragments de paysage en lumière. Cette marche de 25 minutes mènera à une installation monumentale, témoin du territoire exploré. En son centre, une projection vidéo rassemblera l'expérience du déplacement dans le paysage des multiples faisceaux lumineux que nous aurons dirigés.

Samedi le 13 octobre à 18 heures
La Battue
Point de départ : l'Église de l'Avenir

Village de l'Avenir dans les Bois-Francs

Titulaire d'un baccalauréat en arts visuels de l'UQAM en 1996, Patrick Beaulieu  réalise des interventions reliées aux conceptions de l'installation-paysage. En utilisant le territoire comme support, sujet et matériau, l'artiste évoque par l'emploi d'objet sculpturaux , d'images photos et vidéos et de paysage réel, une esthétique du ravissement contenant à la fois les traces physiques de l'homme dans la nature et celles, plus émotives, de la nature chez l'homme. Ses œuvres monumentales sont « L'ouverture des terres », « La Patrie », « Palissade », « Éther ».

Doyon/Demers sculpte la société qui habite le territoire.
La proposition de Doyon/Demers, socio-esthéticiens, vise à réunir les conditions nécessaires pour qu'il y ait création d'une micro-communauté de veuves de chasse, ces femmes qui annuellement se trouvent séparées de leur conjoint durant la période de chasse. Durant le mois d'octobre 2001, Doyon/Demers occupera un local commercial situé au centre-ville de Saint-Raymond-de-Portneuf, lequel sera identifié aux services et fonctions de leurs activités socioprofessionnelles. Pareil positionnement dans la communauté raymondoise se veut initiateur d'expériences esthétiques ayant lieu au sein de relations spontanées et éphémères, alors que seront échangés de petits récits portant sur des moments vécus pendant le veuvage.

Du 1er au 31 octobre, du mercredi au samedi de 10 à 12 heures et de 13 à 17 heures
Cyber-reportage le 27 octobre 2001

Veuves de chasse-petits récits
206 rue Saint-Joseph, Saint-Raymond

Indisciplinaires, c'est-à-dire sans discipline fixe et indisciplinés, Hélène Doyon et Jean-Pierre Demers forment depuis 1987 Doyon/Demers. Ils ont produit à ce titre de nombreuses actions, manœuvres, performances et événements où le citoyen volontaire est, vu d'un certain angle, à la fois matériau et auteur dispersé. Socio-esthéticiens (leur action visant l'exploration des liens socioprofessionnels et la création de situations propices aux relations entre individus), ils s'appliquent à épiphaniser le quotidien dans le cadre d'expériences  esthétiques explorant le rapport à l'autre, au hasard de rencontres ou au sein de micro-communautés  affinitaires, contextuelles et d'intérêts.

Marie-Christiane Mathieu explore de nouveaux territoires à la fois immatériels et visibles.
Confrontés à la naissance d'une créature cybernétique dont ils sont les géniteurs, les membres du Conseil ludique des ubiquistes branchés, situés en des lieux différents et connectés  au réseau Internet, vivront avec fébrilité la mise au monde d'une entité lumineuse. Ces géniteurs aménageront durant deux jours une architecture qui facilitera leurs activités réseautiques pour faire émerger de l'entrechoquement électronique une créature emblématique qui sera léguée à la communauté des internautes afin d'être maintenue en vie.

Du samedi 3 novembre à 11 heures au dimanche 4 novembre à 17 heures
Monument du vide : un work-in-progress
(www.ontogenetic.org)

Marie-Christiane Mathieu s'intéresse aux supports numériques et holographiques qui se déploient par procédés photoniques. Un peu à l'image de ces petites pillules de caoutchouc  mousse qui, une fois dans l'eau, deviennent des dinosaures, elle porte une attention particulière à l'expansion des images dans des environnements de plus en plus immersifs.  Jumelés à ces désirs d'œuvres dilatables, ses objets de recherche interrogent les représentations de notre monde à l'ère de la bio-informatique et de la télématique.  Maintes fois boursière du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des Arts du Canada, Marie-Christiane Mathieu complète un doctorat en études et pratiques des arts à l'UQAM  et enseigne les arts médiatiques à l'Université Concordia et à l'Université du Québec à Montréal.