
Philippe Côté milite sur le territoire.
Avec Philippe Côté, un dévoilement de maquette devient action artistique et permet de souligner le dilemme entre les infrastructures routières et culturelles ainsi que de l'urgence de questionner la ruine des 300 viaducs, ponts et tunnels de Montréal, en ces temps de construction de la Grande Bibliothèque du Québec, aérogare du savoir, et ce dans le contexte du réaménagement du viaduc Berri dans le Centre-Sud de Montréal.Remerciements : Marc Dutin/Rebut Global, Venus volante, Groupe en recherches urbaines Hochelaga-Maisonneuve (GRUHM).
Qu'où donc S le viaduc Berri fut là pendant 50 ans. Pourquoi ?
MONTRÉAL - 27 IX 2001 - Vous êtes invité à l'inauguration d'un Observatoire pour imaginer dans le Centre-Sud la ruine prochaine du viaduc Berri passant sous la rue Sherbrooke. Zonage artistique pour observer publiquement un futur qu'offrit la modernité.
Le secteur du viaduc Berri sera un des rares 300 viaducs, ponts, tunnels ou échangeurs que la Ville de Montréal entend prochainement réaménager au profit de la vie urbaine. L'établissement de la nouvelle bibliothèque du Québec favorise cette option d'aménagement. L'échangeur des Pins n'est pas un cas unique dans Montréal. Les autres infrastructures ,,, seront entièrement reconstruites en faveur de la fluidité de la circulation automobile. Pourquoi ?
Des 17h le vendredi 28 septembre, le site WWW.AMIDESRUINES.NET offrira une archive territoriale de cette manoeuvre qui s'ouvre avec une exposition dans les vitrines du 813 rue Ontario Est.
à 17h le dimanche 30 septembre, une performance inaugurera la ruine du viaduc Berri. Puis à la brunante, le public se déplacera vers la rue Ontario car au Cheval Blanc sera offert de l'hydromel.
Qu'où donc S participe de l'Alliance pour la libre circulation de l'art (ALICA) qui assume - simultanément à toute réforme municipale - tout territoire : état d'art. Cette promesse éthique et esthétique a lieu cet automne dans 8 régions du Québec.
Photos : Marc Dutin/Rebut Global - 2001
1962 Construction du métro sous le viaduc au nord de la rue Ontario.
Le plafond du métro Berri-UQAM supporte maintenant
toute la rue Berri.Dominique Beaudin, le métro de Montréal en photos et en prose,
Les éditions de L'Action Nationale, Montréal, 1966.
AVENIR Proposition d'un boulevard urbain en vue de combler la carcasse d'une autoroute avortée.
Croquis de Gabriel Bodson, Ville de Montréal, 2000
Il est ironique de constater que ce qui encadre le vide du viaduc est au sol le plafond du tunnel du métro tandis qu'à droite l'édifice bleu est le poste de contrôle Providence du réseau et à gauche l'alimentation électrique de celui-ci est assurée par le station d'Hydro-Québec.
En moins d'un siècle ce territoire fut occupé par trois paysages différents ;
- Vaste ensemble caritatif autour de l'église St-Jacques
- Percement de la rue Berri en artère moderne
- Construction du métro et nouveaux terrains vaguesIl est facile de promettre que sa polymorphologie continuera immanquablement avec la destruction du viaduc Berri d'ici quelques années.
1962 Photo de la construction du métro prise du coin d'Ontario en regardant vers le sud.
Le bâtiment à droite est l'ancien palais du commerce.
Dominique Beaudin, le métro de Montréal en photos et en prose,
Les éditions de L'Action Nationale, Montréal, 1966.
1895 L'école de réforme , appartenant à l'ensemble conventuel de l'église Saint-Jacques, occupait le site de la rue Berri entre Maisonneuve et Sherbrooke. Ici une vue du terrain arrière à partir d'Ontario.
Fonds Massicotte/BNQ
Conclusion
L'étonnante plasticité de l'occupation de l'atuel territoire du viaduc Berri au cours du dernier siècle nous permet d'imaginer une transformation rapide du site qui irait vers une conception de la ville basée sur l'urbanité. La démesure des infrastructures routières en milieu urbain est chose du passé. La ville est son propre musée. Les ruines sont habitées.
BIOGRAPHIE
Philippe Côté est ami des ruines. " Je cherche les ruines. Chaque époque en possède. Lesquelles nous seront actuelles: le patrimoine, les autoroutes, nos lieux natals, certaines vitesses, des murs? " Issu de mouvements artistiques urbains des années 1980 tels le mouvement Néoiste et .( La Société de Conservation du Présent ), cet artiste du Centre-Sud de Montréal lutte pour la survie des traces urbaines et transpose en art actuel les événements majeurs aux répercussions sociologiques («Tomba » le verglas, plaque monument , Roxton Pond,1998).