
Danyèle Alain cherche la complicité du territoire.
Elle réalise un monument végétal érigé en une succession de couches de déchets organiques sains dans un champ de céréales. Cet objet implique la participation d'une collectivité positivement animée d'un esprit de développement durable, d'une vision de conservation, de créativité et de fertilité. Agronomes, agriculteurs, habitants et art sont alliés pour construire une sculpture de chemin emblématique: un «bouillon de culture» à saveur poétique et manifeste.Danyèle Alain remercie chaleureusement l'Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière, André Simard, Gilbert Bouillon, Hervé Bernier, Mario Cantin, Mélanie Lavoie, les ouvriers Clément Dubé, Marcel Ouellette et Jean-Guy Fournier de la ferme La Pokita, Serge Poulin pour son appui et son généreux enthousiasme, ses étudiants GEA. Les employés de l'ITA pour leur acceuil. Annabel pour son appui technique à la photo. Claude Gélineau, Jacques Laberge, Guy Sioui et Daniel Bélanger pour leur aimable collaboration. Enfin, merci à Cloé et Léa pour leur assistance précieuse et à Alain et Nicole pour leur maison avec ses plus beaux couchers de soleil au monde.
Pour faire une histoire courte à propos du processus de cette manuvre...
Courriel envoyé le 11 juin 2001 à L'Institut de technologie agroalimentaire de l'ITA:
Monsieur,
Je suis à élaborer un projet d'art environnemental expérimental qui inclut le compostage de matières organiques en assez grande quantité. J'aimerais entrer en contact avec une personne dont l'expertise me permettra de vérifier la faisabilité de mon projet. Ce projet se fait dans le cadre d'un événement en art actuel qui aura lieu à l'automne 2001 et qui est organisé par un centre d'artistes autogéré. Je vous remercie à l'avance.
Danyèle AlainSerge Poulin, agronome, microbiologiste, responsable du projet de compostage et professeur à l'ITA répond à ce message. Une rencontre suit avec Serge Poulin et Gilbert Bouillon et une entente de collaboration s'établit. Un site est choisi: on y amènera la quantité de fumier nécessaire pour construire un monument éphémère en forme de croix constituée de deux branches de 60 pieds de long par 12 pieds de large par 8 pieds de haut.
Un plan de fabrication est établi par Serge Poulin avec une équipe d'étudiants qui participeront au compostage et y intégreront un projet d'observation et d'expérimentation du compost. Les ouvriers de la ferme La Pokita sont mis à contribution. Des tonnes de fumiers divers sont amenés sur le site à l'intérieur de la structure mise en place par Danyèle Alain: douze piquets formant les contours de la croix. La croix est orientée aux quatre points cardinaux: nord/sud, est/ouest en plus de son centre, axe qui relie la terre et le ciel. Elle est construite à l'horizontale, contre le sol.
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Pendant les quelques semaines qui ont précédé, Danyèle Alain assistée de sa fille Cloé, occupe le territoire de l'ITA avec sa roulotte dans laquelle elle reçoit les gens dans l'intimité d'un petit musée-laboratoire où elle transmet et expose son bagage poétique et ses cultures vivantes, partage ses motivations et recrute d'autres collaborateurs pour la corvée inaugurale du 22 septembre.
Claude Gélineau professeur à l'ITA se joint à l'équipe pour procéder à la dynamisation d'une partie du compost selon la pratique biodynamique léguée par l'anthroposophe Rudolph Steiner. Pendant ses nombreux séjours Danyèle Alain contacte, visite et sollicite organismes, habitants locaux et spécialistes pour rassembler autour de la croix et des quatre points cardinaux des témoignages divers: Guy Sioui, sociologue, Daniel Bélanger, agriculteur biologique local, et Jacques Laberge, philosophe se joignent à la manuvre. Cette manuvre est un hommage à la vie dans sa forme la plus intégrale, une célébration de la biodiversité et des rapports de l'humanité à l'univers et surtout à la Terre. Elle interpelle toutes les communautés animées d'une vision de développement durable, de créativité et de fertilité. Elle est offerte comme un prototype qui pourrait se multiplier sous diverses formes.
Sites à consulter
http://www.italp.qc.ca/
(site de l'Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière)
http://www.atl.ec.gc.ca/french/udo/paydirt.html
(site d'environnement Canada, à propos du compost)
http://www.cab.qc.ca/dossiers.htm
(site du Centre d'agriculture biologique du Québec. Dossier - Le compostage: vue d'ensemble)
http://www.cals.cornell.edu/dept/compost/othercon.html#Websites
(à propos de compost)
http://www.u-picardie.fr/~beaucham/mst/sol.htm
(pédologie: à propos du sol)
http://www.u-picardie.fr/~beaucham/mst/humus.htm
(à propos de l'humus)
http://www.biovert.com/articles/historique.html
(histoire de l'agriculture biologique)
http://www.attra.org/attra-pub/biodynamic.html
(à propos d'agriculture biodynamique)
http://www.cab.qc.ca/reseau.htm
(association de biodynamie du Québec)
http://www.utopies.com/themes/devdurable.html
(à propos du concept de développement durable)
Danyèle Alain poursuit son travail de revitalisation des rapports bienfaisants avec la Terre et s'intéresse aux enjeux concernant l'expansion de la technoculture dans son rapport à l'intégrité de la vie. En 2000, elle réalisait un projet avec le lait, sorte de généalogie poétique sous le nom de Filia qui circula notamment avec « Les Gondoles d'artistes » (Hull, Axe Néo 7) et « Passart » (Centre d'exposition de Rouyn Noranda). Elle a diffusé son travail au Québec, au Canada, en France, au Mexique, en Uruguay et a reçu des bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada. Ses uvres ont été publiées dans des catalogues d'événements tels « Barachoa », Symposium d'art in situ, éd. Vaste et vague, 2001; « Les gondoles d'artistes », éd. Axe Néo 7, 2000; « Tête des eaux », éd. Boréal Art/Nature, 1999; « Paysages Inter sites », éd. Langage Plus, 1997.